Préservons la terre nourricière !

 

La plupart des organisations paysannes du Pays Basque sont aujourd'hui présentes pour sonner l'alarme sur la situation du foncier agricole en Pays Basque nord. L'artificialisation et la spéculation s'intensifient, une prise de conscience large est urgente : l'activité agricole est en danger de disparition sur la côte basque, elle est fortement impactée sur les zones intermédiaires et les conséquences de cette problématique touchent également le Pays Basque intérieur.
Il est temps de prendre ce problème à bras de le corps, avec une réflexion globale sur le type d'agriculture et d'alimentation que nous voulons pour le territoire et les décisions que cela impliquent dans l'organisation de l'espace.

LUR1

 

L'urgence de la situation
Nous menons le combat pour la préservation des terres agricoles depuis longtemps. Mais nous constatons actuellement une multiplication des cas où le foncier agricole est mis à mal, tant de la part de collectivités publiques que dans l'action privée.

L'un des derniers cas en date est celui de l'achat de cette parcelle à Urrugne de 3,24ha à 1 M€ par l'excommunauté d'agglo sud Pays Basque (fin décembre dernier). Ce terrain doit servir à agrandir la zone d'activité de Berroueta.

Encore une fois la facilité est privilégiée à la réflexion de fond :

  • facilité à se servir sur des parcelles d'activité agricole que l'on déclasse, en considérant ce foncier comme du libre service que l'on peut sacrifier pour tout projet de construction ou d'aménagement,
  • facilité à engloutir 1 M€ d'argent public ; la dernière acquisition de foncier par la communauté d'agglo Sud Pays Basque pour une zone d'activité s'est faite à 10€/m2 en 2013 à St-Pée-sur-Nivelle, contre 30€/m2 ici !!
  • absence de réflexion globale : une rapide enquête nous a permis de mettre en lumière que la zone actuelle de Berroueta n'est pas remplie, qu'il y a aussi de la place sur la zone des Joncaux à Hendaye, sans compter les locaux professionnels que l'on peut avoir hors des zones d'activité (en centre-ville par exemple), ou encore le recours aux friches industrielles. Ce simple travail de recensement n'a pas été mené par la communauté d'agglo, de plus aucune justification n'est avancée pour l'acquisition de ces terrains (comme des demandes ou des projets économiques identifiés).

Chaque jour l'outil de travail des paysans est un peu plus englouti par la ville. Quand il ne s'agit pas de terres prises pour les activités économiques, c'est la vocation nourricière qui est perdue avec du foncier qui devient objet d'agrément pour des propriétaires aisés.
A ce titre, nous constatons un développement important de l'action des agences immobilières qui investissent le champ du foncier agricole pour des propriétaires non paysans cherchant des résidences avec du terrain. Ce phénomène marchandise encore davantage notre outil de travail, ici comme sur l'ensembel du Pays Basque nord.
On note aussi de nombreuses transactions émanant de vendeurs ayant hérité du foncier de leurs parents paysans : une descendance qui n'a plus aucun lien à la terre et à sa fonction agricole, et qui considère les biens qu'on lui a donnés comme un capital à vendre au plus offrant.

Aujourd'hui la pérennité de l'agriculture est en jeu dans des zones comme celle où nous nous trouvons. L'activité agricole est de plus en plus repoussée vers la montagne ou la corniche. Ce sont des zones protégées qui échappent au bétonnage. Mais ces surfaces n'ont pas la même valeur agronomique que des terres plates et limoneuses. Dans des zones comme ici, les sollicitations des agences et des promoteurs immobiliers sont incessantes à l'égard des derniers paysans, pour leur prendre à prix d'or des espaces à bétonner. Face à tant de pressions de toute part, l'agriculture périurbaine est clairement menacée de disparition.


Que faire ?
Nous ne voulons pas être mis en opposition avec les autres acteurs économiques du territoire. Il ne faut pas
nous opposer l'emploi contre la terre ! L'agriculture est une activité économique à part entière, elle maintient et crée des emplois durables et non délocalisables. Doit-on aussi rappeler le rôle indispensable que joue l'agriculture paysanne dans l'attractivité de notre territoire ? La préservation des paysages, les filières de
qualité, les campagnes vivantes, sont des atouts de premier plan pour d'autres activités économiques
(tourisme, agro-alimentaire, productions de biens et de services).

De plus en plus d'élus disent défendre l'agriculture de proximité, de qualité, la consommation locale. Comment nourrir la population, alimenter les marchés et magasins de producteurs, si nous n'avons plus de
terres ?

Nous demandons :

  • que dans les documents d'urbanisme (PLU, PLUi, SCOT, etc), plus aucune terre agricole ne soit classée constructible. A plusieurs reprises, des élus ou des acteurs du foncier comme l'EPFL ont affirmé que les zones aujourd'hui classées urbanisables peuvent contenir les besoins de construction des 30 prochaines années. Rien ne justifie donc que le moindre mètre carré agricole perde sa vocation nourricière.
  • que lors des réflexions urbanistiques, les collectivités exposent la vision qu'ils ont pour l'agriculture du territoire à court, moyen et long terme. Cette discussion doit être menée avec les acteurs locaux.
  • que les services des Domaines évaluent le foncier agricole en fonction de la valeur économique générée par l'activité agricole, d'où la nécessité de tenir compte de ses caractéristiques topographies et agronomiques et non de se baser sur un système abstrait de moyenne de prix de vente comme c'est le cas aujourd'hui.
  • que l'agriculture paysanne soit considérée comme un secteur économique stratégique dont le maintien en zone périurbaine est indispensable, dont la vocation nourricière est primordiale pour l'alimentation de proximité, dont les atouts impactent positivement sur d'autres secteurs du territoire.


La nécessité d'agir ensemble


La préservation du foncier agricole nécessite une prise de conscience et une action collectives. LUR2Nos structures combattent l'artificialisation et la spéculation depuis de nombreuses années. Nous avons le souhait de travailler de concert avec les décideurs politiques pour que l'on passe des discours aux actes.

Suite à l'achat de cette parcelle par la Communauté d'agglo Sud Pays Basque, une réunion a eu lieu entre une délégation d'ELB et Lurzaindia et Peyuco Duhart, ancien président de la Communauté d'agglo et actuel viceprésident de la Communauté Pays Basque. Ce dernier s'est engagé à lancer un travail sur le foncier agricole au sein de la nouvelle institution, par exemple sous la forme d'une cellule de travail permanente. Ce groupe de travail pourrait être composé des différents acteurs agricole, fonciers et institutionnels : élus, syndicats agricoles, Safer, EPFL, EHLG, Chambre d'agriculture, Lurzaindia, InterAmap, les services de l'Etat concernés par le foncier, notamment le service des Domaines chargés de l’évaluation du foncier agricole, etc.

Nous réclamons la mise en place urgente de cette instance pour concrétiser rapidement des actions de défense du foncier agricole.

 

 

 

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